Accueil - Histoire d'eau - Histoires d'ici

Recherche

Histoires d’ici

Lo camel (le chameau) de Béziers.

Vers l’an 250, fuyant la persécution des Romains contre les chrétiens, Aphrodise arrive d’Héliopolis, ville d’Egypte où il était grand prête du temple Mercure. Dans sa fuite erratique avec son chameau, il fait escale à Béziers. Il trouve une grotte et s’y installe longtemps pour échapper aux persécuteurs de chrétiens.

Puis la foi chevillée au corps, il écume la région à nouveau pour prêcher ardemment la parole du Christ. Il influence profondément la population. L’évêque de Narbonne le consacre premier évêque de Béziers.

Mais ce n’est pas apprécié par tout le monde, pour avoir voulu propager trop activement les doctrines de Jésus Christ, il mourut martyr. En effet il est décapité sur la place Saint-Cyr de Béziers, sa tête jetée sans ménagement dans un puits. Le puits n’était visiblement pas d’accord car soudain, un fort gargouillement suivi par une remontée brutale de l’eau jusqu’à la margelle sur laquelle émerge la tête d’Aphrodise, le saint ayant retrouvé sa tête, la portant entre ses mains, se dirigea vers l’extrémité nord de la ville.

Sur son parcours les gens répandaient des escargots et le saint les effleure sans en écraser aucun. Au carrefour du Saint-Esprit, des tailleurs de pierre raillent et traitent de fou le saint homme. Dieu les punit de leur irrévérence en les pétrifiant sur place dans l’attitude où ils se trouvaient.

Arrivé au bout de la ville, il s’ensevelit dans la grotte, qui deviendra la crypte actuelle, puis y mourut paisiblement.

Son corps fut déposé dans un antique sarcophage de marbre gris. L’eau du tombeau, transformé en baptistère, possédait certaines vertus : on venait de partout pour y faire baptiser les enfants afin de les préserver du «haut mal» et ceux qui en étaient atteints buvaient l’eau contenue dans le sarcophage pour s’en guérir.

Lo camel (le chameau) du saint fut recueilli et hébergé avec soin, par les biterrois. Originaire des pays où l’eau est rare, le seul chameau à une bosse est devenu l’emblème de la capitale du vin et depuis les temps anciens, il défile dans les rues de sa ville d’adoption pour les fêtes de Saint-Aphrodise le 28 avril et les fêtes de la Caritats (la Charité) le jour de l'Ascension. La procession se dirige vers l’église de son saint patron, l’église Saint Aphrodise, pour célébrer le patron de la ville de Béziers en Languedoc.

 

On n'a pas nécessairement besoin d'eau propre pour éteindre un incendie.

Proverbe africain

Vogue les barriques de vin

Vers 1880 sur le canal du Midi, une péniche halée par un cheval transporte des fûts de vins. A bord de la gabarre, le marinier tient la longue barre du gouvernail. L'arrivée du moteur thermique remplacera la traction animale, ce qui améliorera les conditions de navigation. Certaines péniches naviguaient vers Bordeaux, d'autres vers le port régional de Sète, porte sur la Méditerranée. Le saint patron des bateliers ou mariniers est Saint Nicolas.

 

Transport du vin sur le Canal du Midi en Languedoc.

C’est par le comptoir d’Agde créé par les Phocéens au VIème siècle avant J.C que la vigne arrive  en Languedoc importée par les Grecs. Un soleil ardent et sec l’été, doux l’hiver, un vent de terre qui ne supporte pas l’humidité compose un climat favorable à la culture de la vigne.

En 1681, Paul Riquet achève les travaux du canal du Midi, une voie royale qui permet l’installation du vignoble moderne. Pendant 3 siècles sur cette route fluviale, le Canal du Midi assure le transport des vins du Languedoc. Des centaines de gabarres et de barques transportent les fûts de vin languedocien à destination des grands ports maritimes de Sète ou de Bordeaux. Le vignoble du Minervois de part et d’autre du canal du Midi, à cheval sur les départements de l’Aude et l’Hérault, produit un vin d’excellente qualité. C’est ce vin qui vogue sur le pont des péniches Freycinet qui ensuite s'exporte, par mer, vers le monde entier.

Le canal déroule un long ruban miroitant, coule sans se presser sous la voûte de platanes, adossé sur le piémont de la Montagne Noire, salue la cité de Carcassonne, épouse les bordures aux larges virages, domine la plaine tapissée de vignes à perte de vue qui s’étire en pente douce vers les Corbières. A Homps, port toujours affairé, fief vinicole du Minervois, des files interminables de gabarres amarrées sur les berges du canal attendent leur tour de chargement, de quais encombrés de futailles apportées par de grandes charrettes à ridelles. A proximité, malgré un brouhaha indescriptible, de petits groupes de bateliers, de négociants, de tonneliers, de charretiers, de vignerons et de journaliers négocient les contrats. Une fourmilière humaine haute en couleur. Certainement mécontent, un équidé anonyme pousse un puissant hennissement, mais le canal poursuit son chemin contournant les coteaux sur lesquels s’échinent les vignerons, les ceps se soûlent de soleil. Les bourgades typiquement languedociennes La Redorte, Roubia, Paraza, alternent avec les grands domaines. Le Somail avec son auberge, sa chapelle et ses grands entrepôts ne laisse personne insensible mais pas de halte aujourd’hui le temps est compté. Le canal s’éclipse sous le tunnel du Malpas, perpétue son voyage vers Capestang, puis le coquet et petit port de Colombiers abritant pas plus de 2 péniches, au détour d'un virage, posée sur une éminence, majestueuse, la cathédrale Saint Nazaire illumine le ciel biterrois, elle annonce aussi, l'un des plus difficiles problèmes techniques que Monsieur Riquet eut à résoudre, Fonserranes et ses 9 écluses. Le canal dévale patiemment, escalier après escalier cet obstacle suivit, de la traversée périlleuse de l’Orb et, tout de suite après Béziers, capitale vinicole, le port le plus important. Sur les frontons des entrepôts, le nom des puissantes entreprises de négoce s’inscrivent en grosses lettres. Le ruban aquatique file vers la Méditerranée, les bateliers hument sur le pont l’air marin, le chaland oblique vers l’étang de Thau, le Cers dans le nez, le pic Saint Clair s’invite dans le décor.

C'est toute la richesse d'un patrimoine unique tant l'homme a su inscrire son identité. Ici les hommes ont pris la couleur de la terre dont ils tirent leur vie. Naviguer, charger, décharger, travailler, façonner jour après jour cette terre rugueuse, c'est déambuler dans un musée en pleine nature.

Cette activité permanente anime toute l’année les pittoresques villages vignerons entourés du vignoble le plus vaste du monde. Parfois, le trafic intense provoque des accidents. Vers 1850, la sapine de monsieur Delsol, batelier de Moissac, chargée de 350 fûts de vin fit naufrage en amont du port de Homps. Il fallut plusieurs jours interrompre la navigation pour renflouer le bateau et dégager le canal.

L’œuvre de Paul Riquet est indissociable de la longue et belle histoire des vins du Languedoc.

Lourdement chargée de barriques de vin, la "Marie Thérèse" est amarrée sur les berges du canal du Midi. La "Marie Thérèse" a été la dernière péniche commerciale à naviguer sur le canal vers les années 1970. Centenaire, elle a subit une belle rénovation dans un atelier-école basé sur le canal de la Robine, à proximité de l'écluse de Mandirac où elle est amarrée. Photo vers 1920.

Plus d'articles...

Page 1 sur 30

<< Début < Précédent 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Suivant > Fin >>