Vous Etes Ici: Accueil Histoire d'eau Histoires d'ici

img1
img2
img3

l' aigua, un patrimoni al païs català

Histoires d’ici
Fort Saint Elme Collioure
Samedi, 01 Juin 2013 12:07

Le fort Saint Elme serti sur un belvédère des Albères, est un joyau qui couronne l'antique, l'exceptionnel patrimoine architectural et paysager qui enveloppent les villages de Collioure-Port Vendres en Catalogne. Cliché de 1954.

 

Le panorama déployé par le fort Saint Elme est simplement fabuleux ! La Méditerranée, immensément belle, en toile de fond les derniers contreforts des Pyrénées crénelés de tours, le vignoble déclinant de terrasses en terrasses, Collioure et son petit sentier montant vers St Elme dont chaque mètre d'ascencion est récompensé par un décor inédit, Port Vendres que les grecs avaient, jadis, baptisé Portus Vénéris, le port de Vénus. Naturellement tout s'imbrique autour du fort : le ciel, la mer, le soleil, la flore sauvage, la faune, l'eau et le vent, les parfums, la sardane, la fête, les vielles pierres et les hommes. Tout est authentique, tout est vivant !

 

Le fort Saint Elme, à la silhouette massive, posé sur un piton aride m’a intrigué depuis ma prime jeunesse. Lorsque je m’éveillais à la vie, que j’accompagnais mon père taquiner la daurade sur la digue du phare de Port-Vendres, il était là tout en haut, dominant, mystérieux. J’imaginais des scénarios avec les chevaliers Bayard, Du Guesclin, Jeanne d’Arc, les héros de mes livres d’école, chevaliers sans peur et sans reproche, l’épée à la main, toujours prêts à défendre une noble cause ! Mon imagination vagabondait ainsi, toujours prolifique !

Puis 50 ans après, aux premiers jours d’un printemps, enfin lumineux, j’enfourche mon VTT à la gare de Port-Vendres décidé à combler ma curiosité et, je commence l’ascension par la petite route qui monte à cette bâtisse mythique. L’ascension est rude, je dépasse de nombreux randonneurs qui crapahutent sac sur le dos à la conquête des tours perchées sur les Albères. Le décor est superbe, sur les versants les vignes s’étalent en escalier. Cette montée salutaire se termine sur un faux-plat réservé aux visiteurs du bastion mais aussi aux marcheurs qui font une halte pour se ressourcer, pour contempler un point de vue admirable. En provenance de Collioure le petit tortillard stoppe, débarque une dizaine de personnes devant l’entrée du fortin puis continu sa promenade à travers le vignoble.

Visiter le fort St Elme c’est ouvrir un pont-levis sur un univers d’émerveillement, de pureté et de beauté ; pour tous, du plus jeune au plus âgé, c’est la découverte d’un monde ancien, sans points communs avec celui dans lequel on est enserré.

Ainsi commence une histoire mouvementée. Au IXème siècle, une vigie, la Torra de Guardia, est édifiée au puig Japone, au-dessus de Collioure et de son hameau Port-Vendres pour protéger le Roussillon des invasions maritimes ou terrestres. Un dispositif de défense avec la tour de Madeloc et la tour de la Massane. La Torra de Guardia est à l’origine de ce fort petit par sa modeste taille et si grand par sa position stratégique que ce sont disputés les royaumes d’Espagne et de France, si proches et si éloignés, qui ont guerroyé férocement pendant quelques siècles.

Les propriétaires alternaient selon la puissance de l’armée, une fois les Espagnols, une fois les Français. A chaque changement de locataire, après de sanglantes batailles, son architecture se modifiait, souvent pour renforcer le bastion ; il devient le fort St Elme, une construction en étoile solidement plantée sur ses 6 branches.

En 1659, le Roussillon intègre définitivement le royaume de France. Après la Révolution, le fort devient un dépôt de munition puis, en 1927 l’Etat vend la bâtisse fortement dégradée à un mécène décidé à restaurer ce petit joyau architectural. Il s’entoure de professionnels compétents et, peu à peu, le multi-centenaire reprend son lustre d’antan. En 1936 les travaux sont terminés.

Pour le Saint Elme, il est écrit que les hommes après avoir bénéficier de sa masse protectrice et de sa position exceptionnelle désirent démolir ce géant de robustesse car ce remarquable travail de rénovation va être réduit à néant. En effet durant la Seconde guerre mondiale, les troupes allemandes s’installent dans ce lieu pour contrôler le golfe du Lion mais l’endommagent sérieusement avant leur départ en 1944.

Sans avoir l’immodestie de comparer le fort St Elme à la Cité de Carcassonne qui est unique au monde, indiscutablement, je suis tenté de faire simplement un rapprochement. Comme toute aventure partie d’une poignée d’hommes enthousiastes, la Cité de Carcassonne bénéficie du talentueux restaurateur, Viollet-le-Duc, avec des financements d’Etat. A Collioure, la famille Ducatte rénove avec une grande passion ce livre d’histoire avec ses propres deniers. Quand à la beauté des lieux, personne, ne peut avoir de doute, il n’y a rien de comparable au monde. De la terrasse du St Elme, quelle émotion à la vue de cette mer d’un bleu infiniment profond et tendre où tout se réduit à l’échelle humaine, s’affine pour le plaisir de l’œil et de l’esprit. Le ciel et l’eau est richesse incommensurable, colorée, mouvementée, variée, exaltante. Des paysages d’une prenante beauté, le décor est planté : tout est là. Un à-pic impressionnant où s’accroche une flore aux senteurs balsamiques capable de résister à l’aridité du sol rejoint l’oliveraie au milieu de laquelle un antique moulin à vent domine Collioure, cité millénaire, insolente de charme, aux vieux toits patinés enroulés autour de la baie, Collioure baignée de lumière, résidence royale où les artistes et leurs chevalets sont rois. A droite de St Elme, l’ancien port de Collioure, Port-Vendres, fille émancipée de Collioure en 1823, petit port protégé par les collines, son abri naturel a accueilli dans son cœur les influences phéniciennes, grecques, romaines, visigothes, maures et l’arrivée précipitée des « pieds noirs » ont, chacune à sa façon, amené la petite goutte d’eau pour construire une identité propre à Port-Vendres.

Quand le regard s’envole vers le Sud, un mariage heureux de la montagne et de la mer dessinent une côte rocheuse enchanteresse, déchiquetée, dénommée Côte Vermeille, ourlée de plages aux allures de criques secrètes, de falaises vertigineuses, de calanques angéliques aux eaux turquoises, de vignes en terrasses cascadant vers la mer.

Au Nord, la chaîne des Corbières surmontée de châteaux cathares borne la plaine du Roussillon. Un chapelet de lagunes longe le littoral, plus à l’Est, avec des conditions météorologiques optimales, le cône du pic Saint Clair, la montagne de Sète, apparaît dans ce décor.

Un livre de près de 400 ans, complété par la visite d’un musée, un petit trésor enfoui dans la partie souterraine du fort, une histoire que de jeunes guides vous raconteront mieux que moi.

Cette visite est un éblouissement pour les yeux, une caresse pour le cœur, maintenant pour moi, c’est sûr, cette étoile de pierre vient d’ailleurs !  Promis, juré, je programme une nouvelle visite pour septembre !

 

Le fort Saint Elme est ourlée de trésors architecturaux et environnementaux, un seul est invisible de l'extérieur. Comme l'huitre cultive une perle précieuse, le Saint Elme cajole dans ses entrailles un petit musée (visite avec le fort) qui dévoile un trésor culturel !

 

 

En Catalunyà, la plujà no sap ploure !

Traduction en français

En Catalogne, la pluie ne sait pas pleuvoir !

Salvador Espriu

Poète et romancier espagnol de langue catalane né à Barcelona le 10 juillet 1913, décédé dans la capitale catalane le 22 février 1985.

 
Printemps au cap Béar.
Jeudi, 02 Mai 2013 17:14

Le printemps est capricieux cette année, il arrive très lentement et apporte un air froid, les promeneurs sont de plus en plus impatients à me rendre visite  !

 

Sur cette pointe rocheuse qui subit les assauts répétés de la Méditerranée, giflée rageusement par la tramontane, est intéressante à divers titres. En particulier pour l’observation, au printemps et en automne, de la migration d’oiseaux qui ne se posent que rarement sur les derniers contreforts pyrénéens. Des fous de Bassan et des puffins de Méditerranée, en groupe composés parfois de centaines d’individus migrent au large. Ces oiseaux de haute mer ne viennent à terre que pour se reproduire. Ils se nourrissent uniquement de poissons, méduses, calamars. Le fou de Bassan tel un missile au fuselage aérodynamique élaboré est impressionnant lorsqu’il plonge à grande vitesse, les ailes vers l’arrière, collées au corps, pour prélever dans cette mer généreuse son repas.

Au cap Béar on peut découvrir les oiseaux fréquentant de la côte rocheuse. Au printemps, le martinet à ventre blanc et le martinet pâle nichent dans les anfractuosités de la roche. On les voit tourner autour du phare ou se poursuivre le long des rochers en piaillant. Avec leurs pattes atrophiées qui les empêchent de se poser au sol et leur corps fuselé, ils sont taillés pour le vol. Ils ne s’arrêtent même pas pour dormir et se nourrissant d’insectes volants. Le faucon crécerelle, le grand corbeau, le rouge-queue noir, le pigeon biset sont autant d’hôtes des rochers de la Côte Vermeille.

Toute l’année, les falaises de la côte hébergent un petit merle, vêtu d’un plumage bleu métal dont il tire son nom, le monticole bleu. Casser hargneusement les escargots sur les rochers, sautiller nerveusement et voleter pour marquer son territoire, sont des comportements spécifiques à cet oiseau magnifique. L’observer à la jumelle quelques instant est magique !

Intrigant le goéland, grand oiseau blanc et gris, posé sur le lampadaire du bâtiment auxiliaire du phare, immobile, il observe, les yeux perçants, peut-être en quête de restes de nourriture laissés par les promeneurs. Avec son cousin le cormoran ou la mouette, il réside en permanent sur le littoral catalan et languedocien. Tous ces grands oiseaux de mer sont magnifiques, plus beaux lorsqu’ils virevoltent autour du phare, tracent des lignes ondulées, frôlent les rochers émergeant, dessinent des volutes éphémères dans le ciel, effleurent les flots irisés par le vent, talonnent les chalutiers rentrant au port, se poursuivent le long des falaises bruyamment.

Cette lande minérale est un observatoire extraordinaire pour se familiariser et contempler les oiseaux de la côte rocheuse. Une Méditerranée, une Côte Vermeille rendue plus belle dans une nature où chaque vigneron, pêcheur, plaisancier, autochtone ou visiteur, apporte sa contribution pour apprécier la complémentarité de l’eau et de la terre !

 

Proverbe Italien.

Les deniers publics sont comme l’eau bénite, chacun y puise.

 


Page 1 sur 24