Commérages autour du bassin.

Écrit par Super User. Publié dans Lavoirs.

Après 1920, l’eau courante c’est l’hygiène publique qui gagne lentement du terrain. Même si beaucoup de villes et villages n’ont pas les moyens financiers d’installer le projet fontinal, le chemin du progrès est tracé. Les fontaines fleurissent sur les points stratégiques des communes et les lavoirs publics connaissent un gros succès ! Sa commodité fonde son succès et ils deviennent rapidement le lieu de réunion préféré de la gente féminine. Puisque l’homme va au café seul, la femme s’approprie le lavoir. En ville ou au village c’est le temple de la propreté dédié aux lavandières. Et si les hommes en font le lieu des ragots et railleries c’est qu’ils en sont exclus ! Dans ces maisons de l’eau, entre deux coups de battoir, résonnent des rires, des cris, c’est aussi toute l’actualité villageoise qui défile, qui annonce les bonnes nouvelles, les mauvaises aussi et, plus folkloriques, se propagent les cancans, plus ou moins revanchards ! Autrefois, des superstitions s’attachaient aux lavandières : les voyageurs évitaient la nuit les rivières de peur d’y rencontrer les lavandières du Diable qui tordent les linceuls des trépassés.

La grande lessive en Roussillon.

Écrit par Super User. Publié dans Lavoirs.

                 Autrefois, les opérations de la grande « bùgada » duraient plus ou moins longtemps, le plus souvent entre 2 et 4 jours, selon la quantité de linge et les façons de faire qui pouvaient changer dans une région aussi variée que la Catalogne, comprenant : montagne, plaine et bord de mer. Pour certains, le trempage et le prélavage ne sont pas comptés dans la durée de la grande lessive proprement dite, ni le rinçage, ni le blanchiment alors que pour d’autres, la grande « bùgada » désigne au contraire l’ensemble de la besogne.

L’ordre de disposition du linge dans la « lessiveuse » (le cuvier) peut légèrement différer. Motifs ou savoirs-faire devaient intervenir : quantité et degré de salissure du linge (dans les grands mas, le linge des ouvriers agricoles logés et nourris était lavé lors de la grande lessive), distance des lieux à parcourir, organisation des équipes et matériel, etc…Malgré les nombreux imprévus, la pénibilité du travail, surtout l’hiver lorsque la froide tramontane balayait le Roussillon, les femmes appréciaient ce rituel incontournable car le plaisir de se retrouver et la solidarité étaient au rendez-vous. En effet, contrairement à ce que véhiculait la rumeur publique, la grande lessive (2 fois l’an) était un grand moment d’entraide et de convivialité tant au domicile, à la rivière ou au lavoir communal !

La mauvaise réputation des « bùgadéras » (agressives et grossières, commérages et ragots, querelles et pugilats) était une légende entretenue par certaines personnes malveillantes. Et comme le détective Pepe Carvalho de l’écrivain catalan Montalvàn, il fallait explorer les quartiers de Perpignan ou des villages de Catalogne pour comprendre les raisons de ceux qui avaient intérêt à diffuser certains propos ciblés, plus ou moins abjects, faisant croire qu’ils étaient colportés par les « bùgadéras », alors que ces valeureuses et courageuses femmes n’avait qu’un désir : le bien-être et la netteté de leur famille, une propreté tant physique que morale ! 

Carte postale de 1900 du lavoir de Bompas en Catalogne Nord. Le canal d'arrosage qui traverse le village est utilisé par les lavandières du cru que l'on voit courbées sur les planches à laver dans un environnement de charrettes et brouettes. Les chevaux de trait accompagnés de leurs maîtres s'abreuvent dans ce lieu bucolique situé au centre du village. Cette partie est aujourd'hui cuvelé mais le solide pont de pierre que l'on emprunte encore sur la route de Villelongue de la Salanque est toujours présent ! 

 

Lavoir de Marolles sur Seine.

Écrit par Super User. Publié dans Lavoirs.

Le lavoir de la Grande-Fontaine de Marolles sur Seine en île de France avait deux fonctions de grande importance : offrir de l'eau de bonne qualité aux villageois et aux animaux domestiques ainsi que fournir l'indispensable ressource aux vaillantes lavandières. Cliché vers 1920.

 

Lavoir de Cély-en-Bière.

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Au lavoir du Pont Philippe, on remarque que faute de place sur l'étendoir, les lavandières sèchent le linge sur les buissons. Deuxième observation, ces femmes ne manquent jamais de courage car en plus de la corvée déjà difficile, le landau les accompagne au travail. Pour la petite histoire, le pont jeté sur la petite rivière a été offert, ainsi que le lavoir, à la commune par un ancien maire. De nos jours, cette noble générosité a disparue...Cliché de 1950. 

 

 

Lavoir de Caldes de Maravella.

Écrit par Super User. Publié dans Lavoirs.

L'antique lavoir trop délabré a fait place à un ouvrage moderne apprécié des "rentadores" (laveuses) du cru. Le "rentador" (lavoir) est alimenté par une source naturelle dans une région où les griffons pullulent. Le charmant village de Caldes de Maravella est une station thermale réputée de la province de Girona dont les antiques vestiges témoignent de la présence romaine, il y a plus de 2 000 ans.