Superstitions au lavoir.

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        Autrefois, vers 1850-1900, quand le linge était frotté au lavoir, on le mettait dans une grande cuve en bois posée sur une sorte de trépied : le cuvier. D’abord, la blanchisseuse déposait des morceaux de bois en croix dans le fond de la cuve, puis, par-dessus, de la cendre enveloppée dans un vieux drap. On ajoutait des brins de laurier et des oignons de lis pour que le linge sente bon. Enfin, on rangeait le linge, d’abord les draps, puis les chemises, les torchons et les mouchoirs. A propos des chemises, la plus ancienne lavandière du quartier St Jacques à Perpignan racontait qu’il fallait bien les mettre sur le dos. Il se disait à cette époque que si la chemise avait le devant vers le fond de la cuve, la personne qui portait cette chemise mourrait dans l’année. Les grandes lessives du printemps et de l’automne symbolisent respectivement la vie et la mort. Souvent liées au calendrier religieux, il est des périodes où il est proscrit  de laver pour ne pas troubler le repos des défunts : le jour du Vendredi-Saint, durant la Semaine-Sainte, pendant les Rogations et l’Avent. Des dictons expriment les châtiments à celles qui ne respectent pas ses dates ; Qui lave le Vendredi-Saint lave son Suaire ou Qui lave la Semaine-Sainte tourmente les âmes du Purgatoire et risque de mourir en cours d’année.

Lavandières et Grandes buées.

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Au cours du XIXème siècle, suite au courant hygiénique  et au développement de l’urbanisme les lavoirs sont bâtis massivement. Les lieux de « Grande buées » (lessive) se sont améliorés au fil des ans, facilitant la tâche des lavandières. De simples points d’eau .en bords de rivières se sont structurés allant jusqu’à la construction de petits abris dédiés à la lessive : les lavoirs. Selon les régions ou les familles, les « Grandes buées » avaient lieu de deux à quatre fois par an, et en particulier au printemps et à l’automne. Avant l’arrivée du lavoir, le linge était trié : linge blanc, coloré, lainages, linge fin… Les femmes triaient même le blanc selon son degré de saleté

Autrefois les lavandières se rendaient en bord de rivière avec leur brouette chargée de linge. Elles le faisaient tremper au préalable, puis le lavaient et le rinçaient. Ce travail difficile s’effectuait à genoux dans une « carosse » garnie de paille ou de coussins pour protéger leurs genoux. pour la phase du lavage, elles installaient le linge sur une pierre, plate de préférence, le savonnaient, puis le battaient avec un « battoir » pour faire pénétrer le savon à l’intérieur des fibres. La position des blanchisseuses au bord de l’eau était particulièrement pénible. Rappelons que l’eau était froide l’été et surtout glaciale en hiver.

Avec l’arrivée des lavoirs bâtis au cours de XIXème siècle, le confort de lavandières s’est amélioré. Elles ne sont plus à genoux par terre mais debout. Elles trouvent à présent des structures commodes leur permettant de laver leur linge au fil des saisons étant à l’abri des giboulées hivernales, de  la pluie glaçante, du vent violent et froid, du soleil torride etc…Fréquenté par des blanchisseuses professionnelles et des particuliers, le lavoir est un lieu de lien social. Relativement bruyant, le lavoir offrait aux femmes un moyen d’évasion de la maison familiale. Malgré la difficulté de la tâche et le peu de valorisation pour le travail pénible qu’est la lessive, les femmes pouvaient ici échanger, discuter et rire. Le linge renseigne également souvent sur la vie des familles, les confidences y étaient propices.

Jusqu’à ce que la douleur le lui enseigne,

l’homme ne sait vraiment pas quel trésor est l’eau.

Georges Byron appelé Lord, illustre poète britannique (1788-1824).

Lavandières de Montpellier.

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        Toutes les villes et villages se construisent et se développent sur les fleuves et rivières car l’eau est une ressource indispensable pour tout ce qui vit mais aussi en matière de salubrité publique. Montpellier, la capitale du Languedoc, est traversée principalement par le Lez, fleuve côtier et diverses petites rivières pour le plus grand bonheur des lavandières locales.

Autrefois, le long du Lez, du pont Juvénal au pont de Castelnau, la gente féminine s’affairait, en toutes saisons, été comme hiver. Les « blanchisseuses du Lez », parfois surnommées « lessiveuses », étaient plus volontiers appelées « bugadières », un nom venant de bugada c’est dire lessive. Certaines se rendaient à pied jusqu’à la rivière poussant une brouette remplie de linge en vrac, heureuses de retrouver des voisines pour raconter les dernieres nouvelles, bonnes ou mauvaises, du quartier. Contrairement à ce que certains racontent ce n'était pas que du négatif, bien au contraire, il y avait beaucoup de convivialité, de solidarité, d'amitié entre ces femmes valeureuses. Pendant la bonne saison, elles étaient coiffé d’un chapeau de paille à larges bords afin de se protéger des insolations. D’autres, des professionnelles, emmenaient des paquets plus conséquents sur un charreton tracté par un âne jusqu’au bord de l’eau. La tâche était extrêmement difficile pour ses ouvrières de la lessive confrontées aux froids de l’hiver ou à la chaleur des mois d’été, les mains déformées par l’eau et pour éviter les maux de reins, certaines frottaient le linge sur des tables faites de tréteaux. Les pieds de ces femmes sont protégés par d’étranges bottes de zinc ou de fer blanc : garnies de paille, ces bottes devaient protéger du froid, mais aussi éviter l’apparition de rhumatisme dû au contact trop fréquent avec l’eau. Les bugadières pouvaient se procurer ce matériel chez un étameur spécialisé, installé rue de l’Aiguillerie en centre-ville de Montpellier.

L'eau et le bien-être

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Leau et le bien êtreDans la maison, l'eau apporte bien-être, santé et prospérité. 

 

Dicton catalan : Per març, el cel réga i l'aigua crèma.

Traduction française: En mars, le ciel arrose et l'eau brûle. 

Lessive dans le Gange.

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Lessive sur le Gange

Un groupe de lessiveuses Indous triturent le linge familial dans le Gange, grand fleuve sacré de l'Inde. Photo de 1970