Notre Méditerranée

Sur la colline des Merveilles...le St Elme.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

IMG_9965.JPGCollioure n'a pas perdu son âme, elle reste encore aujourd'hui une pittoresque cité parsemée de témoignages historiques. En escaladant la colline de la Courtine jusqu'au pic Japonne sur lequel est assis le fort St Elme,vous découvrirez un panorama époustouflant à 360 degrès qui dévoile l'importance stratégique de ce joyau d'architecture militaire multi-centenaire bâti sur ordre de l'empereur Charles-Quint...  

Les Albères sont filles des Pyrénées, la baie de Collioure fille de la Méditerranée, chacune délivre naturellement beaucoup de poésie. Au gré des siècles, les hommes, pour diverses raisons, enrichissent ce recueil de la plus belle des manières. Collioure, passionnément, grave sur les pierres les pages de son histoire autour de la Méditerranée et les Albères déclinent jusqu’à la mer. Immortalisée par les plus grands peintres, la colline de la Courtine, tapissée d’oliviers, de vignes et d’une flore rase, ourlée de bâtisses historiques ne laisse personne insensible par sa beauté naturelle. Du niveau de la mer au fort St Elme, cette "montagnette", s’élève à 180 mètres, hauteur suffisante pour offrir un panorama époustouflant sur Collioure, Port-Vendres et tout le pays catalan.

En automne dernier, j’ai entrepris cette mini randonnée de 30 minutes (hors arrêts). Une ascension pas difficile mais bigrement pentue et hors du commun : chaque pas délivre un nouveau décor ! La colline de la Courtine se parcourt comme on lit un livre d’histoire, sans discontinuer, d’un seul trait. Il se feuillette à l’occasion d’une pause sur les différentes terrasses, les yeux s’attardent et l’esprit se laisse bercer par les paysages. Le couvent des Dominicains s’impose lieu de départ idoine, aussitôt le sentier effleure le Musée d’Art Moderne et se dirige vers le fumoir de Mr Pams. Un coup d’œil rapide et en piste vers le moulin. Une large clairière, plus ou moins ronde, ceinturé d’oliviers, une table de pique-nique et deux ou trois bancs accueillent tout visiteur. Un escalier de quelques marches propose, à qui le veut, l’accès au socle du moulin afin d’admirer les toits patinés de Collioure ou les reflets scintillants de la baie. Les parfums des pins résineux, des oliviers ou l’iode marin embaument la contrée. Revêtues de blanc, les tentaculaires ailes du moulin s’égosillent entraînées par le souffle inépuisable de la tramontane Imaginez ce miracle : enfanté au Moyen-Age (en 1337), puis réduit au silence, il ressuscite en 2001…et retrouve sa splendeur parmi les oliviers, comme autrefois. Et il couine, et il  grince, et il couine…de joie ! Attentivement le regard scrute la ville, s’attarde sur les traces d’un riche patrimoine architectural, témoignage de l’évolution de la structure de la ville depuis son passé antique. J’imagine, pêle-mêle, les pêcheurs décharger les paniers d’osier débordant de sardines et d’anchois, le château royal place forte imprenable, les barques catalanes « amourées » sur la plage du Boramar, la plage d’Avall, la sortie de nombreux fidèles de l’église Notre Dame des Anges, le « campanar » jadis tour de guet, la chapelle St Vincent et sa plage de galets, et… un déferlement de visiteurs éblouis par ce village d’un autre siècle. Une mouette joue avec le vent dans le ciel, improvise des figures, elle m’extirpe de mes utopies éphémères afin de reprendre la  sente vers le fort St Elme, ultime étape. Dans le dos, un chemin entre les oliviers convie à la poursuite de la randonnée. Un paysage pour rêver. La vision porte plus loin, la perspective change de surface, l’étendue de la plaine du Roussillon s’élargie, l’horizon de la Méditerranée s’éloigne. Le spectacle est renversant. Où que l’on pose le regard, c’est un nouveau tableau. Les majestueuses Pyrénées, perdues dans le ciel d’azur plongent résolument dans le bleu profond de la Méditerranée, la chaîne des Corbières court patauger dans les lagunes, résidus aquatiques délaissées lorsque la Grande Bleue s’est retirée.

Perché sur son belvédère, le fort St Elme propose depuis des siècles le meilleur point de vue sur Collioure, Port-Vendres, toute la plaine du Roussillon...mais aussi sur le golfe du Lion. Pour cette raison, l'empereur Charles-Quint fit bâtir le robuste fort St Elme. Un extraordinaire panorama apparaît : toute l’étendue et la beauté du Pays catalan jaillissent sous le regard ébloui, un regard arrimé aux verts tendres de la plaine entourée d’une barrière de montagnes et d’un flanc arrondi bordé par la magnifique Méditerranée qui offre un kaléidoscope de bleus époustouflants. Il semble qu’un architecte ivre de fantaisie, ses toits patinés par le temps, entouré de dentelle de pierres a imposé à Collioure sa silhouette altière au fil de son histoire millénaire et qu’un peintre a éclaboussé la ville de teintes les plus folles, le rouge des tuiles, rose, carmin, vert et des reflets bleutés de la Méditerranée qui s’estompent à l’horizon dans l’azur d’un ciel où brille un merveilleux soleil..

IMG_0402.JPGLa colline de la "Cortina" immortalisée par les plus grands peintres en visite à Collioure. On distingue le sentier traçant son chemin vers le pic Japone. Photo prise du fort St Elme.